Profil

  • Julien Hérault
  • Lettres et Tempêtes
  • Homme
  • Bonjour chers lecteurs, Je m'appelle Julien, j'ai désormais 16 ans ( si jeune, çela vous surprend ? ) et j'habite à Delhi-La-Nouvelle, ici en Inde. Je ne vous en dis pas plus, étant censé, je vous le rappelle, être l'écrivain mystérieux ici
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 12:54
                          Bonsoir, je me présente, je m'appelle Kévin, j'ai 21 ans et ma vie est un désastre.

Inutile de vous faire languir comme tous ces médecins qui parlent de mon cas, la vie m'a appris à être franc ; Je suis adicte à l'heroïne, un de ceux que vous appellez tantôt "junkie", tantôt "camé", et parfois même "drogué".
J'ai des paupières lourdes et ovales, au teint violacé, qui creusent mon visage trop rond, mes yeux sont rouges de nuits trop courtes et de jours trop longs. Mes bras, tant qu'à eux, me démengent en permanence ; Une sorte de picotement infect à s'arracher la peau, un dévorement discret mais innarrêtable, qui me ronge de l'intérieur. J'ai les jambes dans le coton en permanence, surtout quand je suis en manque, et mes pieds refusent souvent de suivre les ordres de mon cerveau. C'est bête d'avoir l'air d'un ivrogne toute la journée, d'errer comme un spectre dans des parcs que vous n'oseriez, messieurs - dames, même pas approcher dans vos pires cauchemars.
Vous n'avez jamais, de votre vie, touché à de la drogue ? Chers amis, chapeau bas .
Car voyez vous, cela revient à peu près à tomber dans une fosse qui se creuse d'elle - même, de telle sorte que ses parois, qui parraissaient pourtant si simples à escalader, s'avèrent devenir d'impénetrables murs qui vous privent de tout.
Une fois au bord du gouffre, on y tombe, une fois dedans : On y reste.
Après ça, c'est la descente aux Enfers ; on commence à fuir tout et tout le monde, jusqu'à détester la lumière même du Soleil. On s'isole, à l'école, au bureau, on évite les amis, la famille et on perds peu à peu tout ce que l'on a. La drogue, c'est surtout une dégradation verbale ; peu à peu, on utilise l ' Imparfait et toute forme de Futur disparait, comme tant de regrets derrière soi, si peu de rêves sur l'horizon .
Regardez - moi, cessez de fuir ces yeux, mes yeux, qui avaient l'habitude d'être bleus. J'étais quelqu'un, comme vous. Avant, avant de rencontrer ma nouvelle maîtresse, qui me hante jours et nuits, ma Déesse de Narcotiques, que j'aime coupée ou pure, c'est elle la gentille dans mon film, le petit film de ma vie, je ne reste éveillé que pour voir, mon Héroïne crever l'écran.
Un petit peu d'amour, au creux de mon coude par intravéneuse, j'oublie tout de ce voyage, de cet aller sans retour.


Oui, voici, frappées au fer rouge, sur ma chair déchue et dépecée,
Ces Lettres Sincères d'un Drogué, mon encre, mon seul L.S.D.







Julien Hérault.

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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 12:50



Natasha

Julien Hérault.

jeta un subtil coup d'oeil à sa cigarette, qui se consumait peu à peu entre ses longs doigts manicurés. Du bout du pouce, d'un geste discret mais grâcieux, elle fit tomber le peu de cendre éteinte et porta à nouveau la cigarette à ses lèvres. La fumée chaude qu se dégagea de sa bouche, doublée d'une buée dense, lui rappela à quel point il faisait froid. Ses maigres bas semblaient une ridicule barrière contre le gel qui avait, depuis trois jours déjà, pris Moscou d'assaut. Elle frottait ses bras contre sa poitrine dénudée, gesticulant de gauche à droite par mouvements saccadés, si bien que ses étroits talons dessinaient, sans qu'elle ne le remarquât, de petits motifs sur la neige grise qui dormait à ses pieds. Elle regarda avec soupçon la rue déserte qui s'ouvrait à elle ; sur le trottoir de gauche, des ombres fendaient l'air, cheminant d'un pas léger vers la Grande Avenue, à droite, sur le côté où Natasha se trouvait, tout semblait désert autour des quelques carcasses de voitures et des lampadaires qui n'en faisaient qu'à leur tête, éclairant le pavé froid de leurs flashs lumineux intempestifs. Pourquoi ne pouvait - elle pas passer sur l'autre rive elle aussi ? Le courant n'était pas si fort, aucun surveillant à l'horizon et tant de choses à accomplir là - bas, au loin ... Mais si une des filles quittait son emplacement, c'était la mort assurée, elle savait ; un parfum de liberté, certes, mais suivi d'une traque sans relâche, l'éphémère de ce rêve commun qui habitait leurs âmes mais dont jamais personne ne parlait. Natasha se sentit alors étouffer, trop serré dans son corsé rouge et noir, elle fut prise de haut - le - coeur et de vertiges, tout tournait si vite et si lentement à la fois, elle se sentit tomber ! Elle tira alors de son sac de contrefaçon son paquet et attrapa non sans adresse, force d'habitude, une fine cigarette à l'aide de ses dents, qu'elle alluma d'un geste précipité et tremblant. La jeune fille avait décidé de commencer d'elle - même, se disant qu'après tout, elle n'avait vraiment plus rien à perdre et que, après tout, ce n'était jamais pire que ses amies et la Seringue. Cela faisait maintenant deux heures que les phares d'une Cadillac ou d'une BMW n'avaient pas éclairé le corps trop peu vêtu de la femme, qui soufflait le peu d'air chaud que ses poumons semblaient contenir au creux de ses mains, si belles mains que le froid dévorait peu à peu. Son oeil lui faisait mal : un connard avait refuser de payer le bon prix et s'était mis à gueuler, et puisque Natasha était le seul être présent alors, elle eut le droit au souvenir bleûté sur son oeil droit, qui empechait ses paupières de s'ouvrir sur le clair de ses yeux verts. En passant une main gelée dans ses longs cheveux blonds, elle rêva l'espace d'un instant, se laissant porter pas cette envie d'eau chaude sur son corps sale et délabré. Un point jaune et lumineux se dessina alors au tournant obsur de la rue, à main droite. La voiture avançait doucement et, la voyant venir en s'emplissant de confiance, Natasha bomba le torse et appliqua sa pose, la pose qu'on lui avait brièvement expliqué. La vitre avant - droite s'ouvrit, laissant deviner la silhouette assombrie d'un homme dont le visage, seul et abject, était légèrement éclairé par l'orange de la lumière baignante des lampadaires ...

" Эй, вы. Садись в машину " - " Hey, toi : tu montes . " -


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